Anecdotes de voyage


Sur la route pendant 10 mois, de septembre 2010 à juin 2011, Thomas et moi n'avons cessé d'être étonnés, émerveillés, déroutés, amusés. Nous avons foulé le sol, rencontré les gens, plongé dans les eaux et surfé les vagues de quelques pays : Madagascar, Philippines, Papouasie Nouvelle-Guinée, Iles Salomon et Indonésie où nos repères ont souvent été chamboulés. Nos souvenirs sont empreints d'une multitude d'anecdotes, que je souhaite ici partager avec vous. Puissent-elles vous faire sourire, vous étonner, attiser votre curiosité et votre envie d'en savoir plus sur ces gens et cultures d'ailleurs. Vous donner l'envie, encore et encore, du voyage.

Pudding

Mars 2011, Iles Salomon, Malaita, village de Sulione.

Recette du pudding au manioc et la banane.
 
- Grimper au cocotier et cueillir des noix
- Récolter des tubercules de manioc
- Se servir sur le bananier
- Râper la chair des noix de coco à l’aide d’un pic, puis piler les copeaux
- Les presser au-dessus d’une passoire pour en extraire le lait, qui sera dilué dans un peu d’eau
- Peler le manioc tout juste sorti de terre, le rincer, puis le râper
 
 
 

 
- Piler les bananes pour les réduire en purée
- Cuire la purée de bananes dans le lait de coco à petit feu
- Mélanger les ingrédients, et verser la pâte dans un moule préalablement recouvert de feuilles de bananier
- Préparer un four en faisant chauffer de grosses pierres dans le feu
- Mettre le pudding à cuire pendant environ 3h au milieu des pierres brûlantes
- Déguster le pudding encore chaud, en le servant dans des feuilles de bananier - Attention à l’overdose

 


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Publié à 10:00, le 7/05/2012, Sulione

Chinois

Février 2011, Iles Salomon, Gizo.

John travaille pour une compagnie Chinoise qui exploite les ressources naturelles aux Iles Salomon, qui pille les forêts plus précisément. John n’aime pas son patron, car celui-ci traite mal ses employés.

 

Qui plus est, Il le trouve antipathique. 

John, quand il parle des Chinois, emploie le charmant sobriquet de « chicken shit », merdes de poulet.


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Publié à 12:00, le 25/04/2012, Gizo

Femmes

Janvier 2011, Papouasie Nouvelle-Guinée, Lido village.

« Qu’as-tu fait à ton bras, es-tu tombée ? », demande-je à une jeune femme qui porte aujourd’hui le bras en écharpe.

 

Je la croise tous les matins en allant à la plage, elle fait partie de la famille – au sens large – de nos hôtes, la tribe comme ils disent en Papouasie Nouvelle-Guinée.

 

« I was beaten by my husband - mon mari m‘a battue, dirait Nelson Monfort» répond-elle sur un ton blasé, vraisemblablement surprise de ma question naïve.

 

C’est vrai qu'ici, se faire taper par son mari est presque normal, courant et admis en tous cas.

 

 

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Publié à 11:00, le 16/04/2012, Vanimo

Diadème

Septembre 2010, Madagascar, Anakao.

Deux blancs entrent sans un salut et demandent un rhum arrangé, à l’œil. L’accueil du patron n’est pourtant pas particulièrement chaleureux à leur égard. Un rhum, c’est 2000 francs, leur rétorque-t-il mâchoire serrée. Ils repartent, le rire gras et l’air arrogant.

 

C’est que Diadème a perdu femme et enfants dans le naufrage du bateau opéré par ces deux énergumènes. Ce jour-là, le vent était déchaîné et les pirates ont décidé de prendre la mer coûte que coûte, bateau surchargé et profit maximum.

 

En coûte la vie de plusieurs passagers, malgaches pour la plupart. Deux familles à bord se rendant à un mariage.

 

 

Les deux mercenaires français n’ont pas été inquiétés par la justice malgache. Quelques billets ont suffi à acheter impunité et protection des forces de l’ordre local. C’était il y a cinq ans. Leur compagnie de transfert par bateau est toujours en opération.


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Publié à 12:00, le 10/04/2012, Anakao

Surf

Novembre 2010, Philippines, Mindanao, île de Yuki.

Ils ont eu l’idée de glisser sur la vague avant nous. Sur l’île de Yuki, aux Philippines, il n’y a ni fibre polyester, encore moins de résine synthétique pour fabriquer des surfs.

 

 

Par contre, les immenses arbres à pains poussent comme des champignons et fournissent un bois bien résistant, idéal à la sculpture de planches.

 

 

La forme est simple, genre table à repasser. Des dérives pour diriger l’engin sont éventuellement ajoutées : on découpe alors de petits ailerons dans un bidon en plastique et on les fixe comme on peut.

 

 

Le tout est joliment décoré par des inscriptions de surfeur radical comme « No fear », avant d’être vaillamment  utilisé à tour de rôle par les gamins de l’île.

 

Au-delà de la beauté artistique et de l’intérêt folklorique qui nous font pousser des exclamations de joie et d’admiration, le plus surprenant est bien que ces gamins arrivent à surfer sur de telles planches.

 

 

Extrêmement lourdes donc peu maniables et dangereuses lors des collisions, sans flottaison, sans wax antidérapante, de vrais nids à échardes, ces spécimens n’ont aucun des avantages des planches modernes.

 

 

Or, qui s’est déjà essayé au surf, même sur une « planche de débutant » à savoir volumineuse donc flottant bien et stable, connaît bien les difficultés et le sentiment d’inaccessibilité des premières tentatives. Les petits surfeurs de Yuki sont de véritables prodiges.



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Publié à 18:00, le 3/04/2012, Cantilan

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